|
|
|
Saint-Génis-les-Fontaines
: lorsque les micro-organismes attaquent la pierre
L'église
de Saint-Génis-des-Fontaines se situe dans les Pyrénées-Orientales.
Elle possède un célèbre linteau en marbre blanc, du début
du XIè siècle (1019-1020) qui provient de l'ancienne abbaye
de Saint-Génis.
Une première
étude d'ordre physico-chimique fut menée par le LRMH en
1994, puis une seconde en 2000, afin de déterminer l'origine des
phénomènes d'altération rencontrés sur le
linteau. Cette seconde recherche d'ordre microbiologique a été
menée en collaboration avec l'institut de microbiologie de la faculté
des sciences à l'Université de Messine (Italie), le deutsches
Zentrum Für Handwerk und denkmalpflege de Falda, Hambourg (Allemagne)
et la section microbiologie du LRMH. Cette dernière a menée
la recherche sur les germes à métabolisme glucidique fermentatif
et oxydatif.
De 1994 à
2000 , il avait été observé une augmentation de la
surface occupée par les zones altérées, mais que
cette altération progressait lentement. De plus, les écailles
millimétriques tombées pendant ces 6 années, localisées
dans les zones abritées du ruissellement, indiquaient que l'altération
n'était pas issu d'un mécanisme d'érosion. |
|
|
Quatre prélèvements
ont été effectués, un seul sur le linteau même,
3 sur des écailles.
Le premier prélèvement, le seul à être effectué
sur le linteau même en marbre cristallin blanc de Céret (Pyrénées-orientales),
présente une coloration ocre à la surface, et beige à
noirâtre sur la face inférieure. La coloration noirâtre
semble correspondre à des colonisations biologiques.
Les trois autres
sont sur écaille.
Le second provient de l'assise de pierres de parement, située immédiatement
au dessus du linteau. La pierre est presque entièrement recouverte
de badigeon. C'est un marbre apparemment blanc. La partie inférieure
des écailles est verte, et non pas noire.
Le troisième est issu d'une pierre de parement. A sa surface, un badigeon
d'aspect similaire à celui du linteau est présent, ainsi qu'un
graffiti de couleur rouille. La pierre est un marbre blanc veiné de
gris. Elle présente, près du joint inférieur, des desquamations
superficielles d'aspect similaire aux desquamations du linteau.
Le quatrième provient d'une pierre de parement. A sa surface, présence
d'un badigeon d'aspect similaire à celui du linteau. La pierre est
un marbre blanc à larges veines constituées d'un minéral
vert légèrement bleuté. Des graffitis sont gravés
au dessous du badigeon. Des écailles plurimillimétriques, épaisses
(1 à 3 mm) se détachent, notamment au niveau des veines du minéral
vert-bleu. La partie inférieure des écailles de desquamation
est, sur leurs bords, recouverte d'un revêtement par des produits issus
de l'érosion du badigeon superficiel. Ce prélèvement
présente un type d'altération et une nature de pierre nettement
différents de ceux du linteau.
|
|