L'histoire du pont Alexandre III
La naissance du pont Alexandre-III est liée à l'Exposition universelle de 1900, projet d'urbanisme qui, pour clore le siècle, se voulait prestigieux (Plum G, 1995.). La construction du pont est scindée en deux parties, d'une part la construction de la structure et d'autre part, la réalisation et la mise en place des décors. Ces deux parties seront d'autant plus distinctes, qu'elles ne sont pas confiées aux mêmes hommes.

Carte postale de 1900

La structure est confiée aux ingénieurs Jean Resal et Amédée Alby, alors que les architectes Constant Cassien Bernard et Gaston Cousin sont chargés de la partie décorative. Le pont est l'illustration d'un moment historique où la construction métallique est en pleine possession de ses moyens. L'innovation technologique est l'enjeu de la construction. En dehors des massifs de culée, des ouvrages de rives et des abords composés de neuf pierres de différentes natures, le pont est en totalité métallique, une arche unique de 110 m de portée, articulée en trois points, sa largeur de 40 m est constituée d'une succession de quinze arcs, sa flèche est de 6,30 m avec un surbaissement de 1/17e dépassant les limites atteintes jusque-là. Chaque arc est composé de seize voussoirs en acier moulé, assemblés à la manière d'un clivage de pierre avec une fixation par boulons (Mouton B., 1996). Au-dessus des arcs, la superstructure est constituée de poteaux et poutres treillis en acier laminé supportant le tablier.

 

Le décor a pour thème l'alliance franco-russe : la rive droite est consacrée à la paix alors que la rive gauche l'est à la gloire, le tout étant relié par des motifs tirés de la flore et de la faune aquatique.
La décoration à proprement parler du pont peut se scinder en deux parties :
La première correspond à “l'habillage” de la structure du pont. Corniches, tympans et pilastres forment des arcades enrichies de mascarons, de têtes de Neptune et de nymphes aquatiques, de guirlandes, d'étoiles de mer, d'escargots, de volutes. Ce n'est pas moins de 1400 pièces qui se succèdent sur les arcs de rive, toutes dissemblables et s'ajustant parfaitement. Elles sont en fonte (fer + carbone) et pèsent de 500 kg à 800 kg.

Paris, Pont Alexandre III
Clihé D. Bouchardon

La deuxième partie de l'ornementation anime le tablier du pont sous une profusion d'oeuvres de sculpteurs de premier ordre. Le garde-corps à balustres et les socles de candélabres sont en fonte, tout le reste du décor étant réalisé en cuivre ou alliage cuivreux. Aux extrémités du tablier sont disposés quatre génies marins, et quatre grands candélabres dont les bases sont ornées d'une ronde d'enfants. Ces sculptures ainsi que la main courante du garde-corps sont en bronze, alors que, comme le montreront les analyses, les vingt-huit petits candélabres, répartis sur les garde-corps sont en laiton. Près des têtes du pont, sont disposés des cartouches en cuivre, mais c'est aux clefs des arches que, pour parachever l'ornementation, ont été disposés deux grands groupes, témoins d'une parfaite maîtrise de la technique du cuivre repoussé. L'ornementation du pont est classée monument historique le 29 avril 1975.

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