DES CONDITIONS CLIMATIQUES
SPÉCIFIQUES À
RESPECTER
A la suite des travaux d'aménagement
qui se sont succédés entre 1947 et 1958, l'ensemble
souterrain formé par la salle des machines et la salle
des Taureaux était plus sensible que le reste de la caverne
aux conditions externes. Cette sensibilité était
encore accrue par l'influence directe des eaux souterraines se
déversant sur le toit de la salle des machines. La présence
de gaz carbonique en quantité variable dans l'air de la
cavité joue un rôle fondamental sur l'agressivité
des eaux de condensation.
Les études faites depuis la fermeture en 1963 ont permis
d'appréhender les conditions qui pouvaient régner
avant les aménagements et de prendre les mesures les plus
aptes (sas...) à garantir des conditions optimales de conservation.
La démarche conservatoire définie à cette époque était axée sur l'identification des facteurs exprimant un climat souterrain idéal. Dans ces conditions, la restitution d'un équilibre ou des équilibres comparables à ceux responsables du contexte climatique au sens large, avant la découverte était l'une des approches retenue.
Selon les saisons, les parois et l'air étaient plus ou moins humides et cela pouvait être préjudiciable à la bonne conservation des peintures et gravures préhistoriques.
Six mois par an - selon les travaux de Schoeller en 1964 et dans l'état où se trouvait la caverne - il y avait possibilité de condensation de la vapeur de l'air souterrain sur les parois décorées et le reste du temps les processus d'évaporation pouvaient apparaître. Ces deux phénomènes étaient liés aux variations de températures en surface de la roche et dans l'air souterrain. L'effet était la création de phases de corrosion et de phases de dépôt de calcite ; les deux mécanismes étaient dépendants de la pression et du taux de gaz carbonique dans l'atmosphère ambiante.
Assurer la stabilité du support demandait donc et demande toujours le contrôle de l'évaporation et de la condensation au niveau des parois. Dans la cavité, cette stabilité nécessite l'équilibre entre la pression partielle de vapeur d'eau de l'air et la pression partielle saturante de vapeur d'eau correspondant à la température de la roche. Au sein de la grotte de Lascaux, l'instauration et le maintien de cet équilibre ont pour effet la stabilisation de l'état cristallin de la calcite et du support carbonaté et donc la maîtrise de l'évolution du support des tracés préhistoriques.

Coupe longitudinale schématique entre l'entrée et la salle des taureaux en 1975 : l'air circule de façon naturelle par convection le long de la voûte de la salle des taureaux vers la salle des machines à la faveur d'ouvertures en position haute dans le mur de séparation. Il se refroidit et se déshydrate au contact de deux batteries à basse température à la voûte de la salle des machines. Plus lourd il redescend au sol où il retourne vers la salle des taureaux à travers des ouvertures en bas des murs.
- Entrée aménagée de la grotte , sas 1 compartiment 1
- Sas 1 , compartiment 2. Ce compartiment protège la cavité des impacts directs des ouvertures et fermetures de porte.
- Sas 1 compartiment 3. De chaque côté de l'escalier, la toiture de la salle des machines recueille l'eau de la nappe phréatique.
- Sas 2. Ce compartiment permet l'accès à la salle des machines sans pénétrer dans la salle des taureaux. Il est limité par le mur de la salle des taureaux et les murs de séparation sas1/sas2 en partie haute et salle des machines/sas 2 en partie basse.
- Niveau marneux imperméable limitant l'aquifère épikarstique à sa base et se prolongeant horizontalement au-dessus des zones ornées.
- Mur de séparation de la salle des taureaux et du sas 2 construit en 1947.
- Salle des taureaux, une partie possède les gours asséchés par suite des aménagements.
- Salle des machines aménagée en 1958 aux dépens de l'éboulis d'entrée ; elle renferme actuellement toute la partie technique et notamment les échangeurs de chaleur.
- Batteries de refroidissement (ou circuit secondaire) sur lesquelles l'air chaud venant de la salle des taureaux se condense.
- Éboulis calcaires dus aux effondrements successifs du porche d'entrée. ils sont traversés par les conduites de fluide alimentant la salle des machines en provenance d'un local technique situé à l'extérieur de la caverne.
Grâce à l'utilisation des échanges aérodynamiques
qui se font naturellement par cellules convectives entre la partie
axiale de la grotte et la salle des machines, la possibilité
de condensation de la vapeur d'eau ambiante sur les parois peintes
est limitée. Elle est par contre favorisée au niveau
des surfaces froides (batteries) mises en place hors du secteur
à sauvegarder, dans la salle des machines. Ainsi en moyenne
de juin à décembre de l'année en cours, il
est possible d'agir sur les caractéristiques thermiques
et hydriques de l'air souterrain pour les ajuster aux conditions
les plus favorables. Cette intervention n'impose pas de régime
étranger à la cavité et adapte les conditions
ambiantes à celles de la roche.
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