LASCAUX : LE CONTEXTE MORPHOLOGIQUE ET GÉOLOGIQUE


La cavité s'est développée au sein d'un massif calcaire érodé formant la colline de Lascaux sur la rive gauche de la Vézère. Elle tient son origine du travail par circulation, dissolution et érosion des eaux d'infiltration au travers de la roche au cours des temps géologiques. Cette action a donné une cavité d'environ 3000 m³de volume dont 320 plus ou moins 20 m³pour la salle des taureaux le diverticule axial, 1300 plus ou moins 200 pour le diverticule de droite, la nef et l'abside et enfin 1500 m³pour la galerie à mond-milch, les salles ensablées... A cela ajoutons 25700 m³d'un volume inaccessible (galeries ensablées, conduits non-pénétrables...) situé dans la colline et venant corroboré d'autres indices obtenus par géophysique.

La description du réseau souterrain permet de distinguer :

La salle des taureaux de 20 m de long, 8 m de large et 7 de haut.

Une galerie plus étroite de même orientation et de même longueur le diverticule axial.

Et la galerie de droite qui se différencie après un étroit couloir long d'une vingtaine de m (le passage) caractérisé par la suite de cinq conques, en d'une part la nef et une galerie très étroite et très longue (quarantaine de m ) terminée par le diverticule des félins et d'autre part l'abside (vaste salle en forme de coupole de 5 m de diamètre) dans laquelle s'ouvre le puits.

Ces éléments du réseau souterrain sont à une profondeur d'enfouissement variable ; les tracés préhistoriques dans la salle des taureaux sont à dix et douze mètres en dessous du sol extérieur, entre treize et quinze mètres dans le diverticule de droite, entre dix et quinze mètres dans le diverticule axial et enfin entre seize et dix huit mètres dans le puits du sorcier.

Dans la grotte la synthèse des observations sur toutes les zones d'affleurement rocheux a permis de distinguer un empilement régulier de bancs subhorizontaux d'épaisseur variable. Les faits essentiels à retenir sont les suivants :
 

le niveau supérieur formant le toit du porche d'accès au sas 1 est très fissuré et diaclasé ;

la base de cet horizon repose localement sur un interbanc marneux compact de 10 à 15 cm d'épaisseur qui affleure au toit du sas 2, il se prolonge partout ailleurs au dessus des voûtes de la cavité.

 

 

×-interbanc marneux


  en-dessous, la succession microfaciologique des calcaires est homogène dans le plan vertical et les variations lithologiques fines sont liées à la compacité évolutive du ciment.


Les parois sont tantôt polies et de teinte jaune, tantôt recouvertes de concrétions calciques blanches et rugueuses, arrondies à mamelonnées ; la partie inférieure des parois est fréquemment couverte d'une croûte ferrugineuse indurée à dominante rougeâtre à brune.

Les calcaires fissurés à la voûte de la partie décorée sont le siège de circulations temporaires avec émergence actuelle au toit du porche d'entrée. Avant la découverte, les eaux de l'aquifère devait s'infiltrer dans l'éboulis d'entrée et disparaître dans la galerie de droite. Actuellement l'écoulement de cette nappe se fait sur une toiture dans la salle des machines ; l'eau ainsi collectée est refoulée à l'extérieur. Le lit marneux signalé précédemment ne laisse filtrer que de très faibles suintements qui se manifestent temporairement à la faveur de minces joints entre les bancs calcaires.


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