Dénommé art pariétal lorsqu'il est
sur les parois des abris-sous-roche et des cavités et art
rupestre sur des blocs rocheux en plein air, l'ensemble de cet
art peut être regroupé sous l'appellation d'art des
parois. Il rassemble tous les graphismes résultant d'interventions
humaines volontaires, préhistoriques ou tribales plus récentes.
Sous une autre forme, par opposition à l'art mobilier
concernant des oeuvres petites, mobiles et portables, on peut
qualifier de pariétales les oeuvres exécutées
sur les parois et les voûtes des grottes, des abris-sous-roche
et par assimilation sur leur sol.
|
Aurochs de la salle des taureaux de Lascaux il fait partie d'un ensemble de cinq animaux "s'affrontant" sur deux files. L'animal est représenté ici de profil, avec tous les détails anatomiques de la tête (houppe du menton, naseaux, chignon...), et les deux cornes bien développées en perspective semi-tordue. L'homme préhistorique a effectué le tracé sur un support recouvert incomplètement de calcite : l'une des cornes est sur un mince dépôt de calcite (en blanc) pratiquement continu, l'autre est en partie sur la roche à nu. Un bloc de pierre s'est détaché de la voûte après l'exécution des tracés préhistoriques, ce qui explique la discontinuité du tracé au niveau du garrot et du haut du poitrail. |
Actuellement plus de 300 sites d'art pariétal préhistorique
sont inventoriés par les spécialistes en Europe
; chaque année de nouvelles découvertes sont faites.
Simples, modestes, spectaculaires elles contribuent à enrichir
un patrimoine dont la période de création ne s'est
pas étalée sur des siècles mais sur des millénaires.
L'état de la question fait par des spécialistes
révèle, pour une dizaine de grottes, des datations
échelonnées entre 31460 +/-460 B.P. pour un rhinocéros
de la grotte Chauvet-Pont d'Arc, 27110+/- 390 B.P. pour une main
négative noire de la grotte H.Cosquer, 18010 +/-190 B.P.
pour un bison noir de la grotte H.Cosquer, 12890 +/- 160 B.P.
pour un bison noir du salon noir de Niaux, 13570 +/- 190 B.P.
pour un petit bison noir mâle de la grotte d'Altamira, 14260
+/- 140 B.P. pour un bison de la grotte de Covaciella dans les
Asturies.
|
|
|
|
|
|
|
|
Niaux (Ariège). | Bison au trait noir. |
|
|
El Castillo (Espagne). | Dessin de bison. |
|
|
Altamira (Espagne). | Dessin de bison. |
|
|
Altamira (Espagne). | Matière osseuse provenant d'une omoplate gravée. |
|
|
Cougnac (Lot). | Ponctuation noire à base de charbon de bois. |
|
|
Cosquer (Bouches-du-Rhône). | Félin (technique du fusain). |
|
|
Cosquer (Bouches-du-Rhône). | Cheval. |
|
|
Placard (Charente). | Os brûlé dans une couche archéologique. |
|
|
Tête du Lion (Ardèche). | Charbon de bois issu d'un foyer, au pied d'une paroi. |
|
|
Cosquer (Bouches-du-Rhône). | Tracé de main négative noire à base de charbon de bois. |
|
|
Chauvet-Pont-d'Arc (Ardèche). | Charbon de bois au sol dans un foyer. |
|
|
Chauvet-Pont-d'Arc (Ardèche). | Peinture de bison. |
|
|
Chauvet-Pont-d'Arc (Ardèche). | Peinture de rhinocéros. |
L'ART PARIÉTAL PRÉHISTORIQUE : UN PATRIMOINE UNIQUE.
En Europe l'art préhistorique apparaît avant tout comme un art animalier caractérisé par la présence dominante d'espèces tel que le cheval, le bison, l'aurochs, le cerf, le renne, le bouquetin, le mammouth. A côté de ce bestiaire, mentionnons cependant tout un ensemble de signes : tectiformes, points, empreintes digitales, traits empennés, figures géométriques, qui sont une des constantes de l'art paléolithique. Contrairement aux apparences, les représentations les plus fréquentes sont des points, des traits, isolés ou en groupes. A la grotte de Niaux, les représentations de signes sont trois fois plus nombreuses que celles d'animaux et la plupart de ces signes sont peints en rouge et seulement quelques-uns en noir.
Sur le plan morphologique, le mode le plus fréquent de représentation est l'animal complet, ou presque, de profil ; il existe également des représentations partielles. Les figurations humaines sont relativement peu fréquentes (silhouette plus ou moins complètes, visages ...) ; par contre les représentations de mains sont universelles (mains positives ou négatives).
Les artistes du Paléolithique se sont exprimés
par la technique la plus simple, celle des tracés digitaux
du bout des doigts sur un support malléable. Citons les
tracés digitaux du plafond dit des hiéroglyphes
de la grotte de Pech Merle et ceux
de Gargas.
| Grotte du Pech Merle : mammouth représenté de profil sur un support en général granuleux (concrétions dues à des circulations d'eau responsables des croissances cristallines). Devant l'animal une fissure accidente la roche et est à l'origine du développement d'une stalactite légèrement teintée par des oxydes de fer. Ponctuellement un film d'eau peut par diffusion se mettre en place. Le phénomène évolutif peut être considéré comme lent dans le contexte climatique actuel. |
![]() |
La technique de la gravure, fine ou profonde, a été largement employée et est liée aux spécificités du support (grain de la roche, dureté...), évoquons les tracés finement incisés sur un support stalagmitique de la grotte de la Mairie à Teyjat, la frise des mammouths profondément gravée de la grotte Chabot. La sculpture est également présente.
La peinture est le moyen d'expression qui nous apparaît le plus spectaculaire ; au Paléolithique trois couleurs de base sont connues : le jaune, le rouge et le noir et il existe une grande variété de nuances dues aux colorants, mélanges, dilutions et pourquoi pas à leur dégradation... Les pigments ont pu être utilisés pour faire des "dessins au trait" et qui constituent de simples contours (frise noire de Pech Merle, Cougnac ...) ou encore recouvrent des étendues plus ou moins grandes par remplissage du sujet (technique des aplats) c'est le cas de la frise des bisons de Font de Gaume, ou des représentations animales du plafond d'Altamira.
Comme le faisait remarquer M. LORBLANCHET, au cours des 25000
ans identifiables de l'art paléolithique, toutes les principales
méthodes de tracés par peinture, gravure, sculpture
semblent être déjà maîtrisées.

|
|
|
|
|
|