Zimbabwe

Mission de novembre 2016

Cet atelier sur la conservation de l’art rupestre a été financé par l’Ambassade de France au Zimbabwe et l’UNESCO, avec la collaboration des National Museums and Monuments of Zimbawe et de l’Université du Zimbabwe. Dans un premier temps, des interventions en salle (Hôtel Cresta Jameson) ont eu lieu les 7 et 8 novembre 2016. Les participants du Zimbabwe mais aussi de Namibie, du Lesotho et du Swaziland ont présenté les altérations naturelles et les dégradations anthropiques notées sur les sites rupestres de chaque pays. Le pôle « Grottes Ornées » du Laboratoire de recherche des monuments historiques est intervenu sur différents sujets :
- déontologie, cadre légal de travail et rôle du pôle « Grottes Ornées » ;
- identification des roches à l’échelle du paysage et d’un site ;
- risques naturels encourus par les sites rupestres : altérations météorologiques, structure rocheuse et chimie des roches ;
- risques naturels encourus par les sites rupestres : altérations biologiques ;
- risques anthropiques ;
- comment réaliser un bilan sanitaire ?
Les 9, 10 et 12 novembre ont été consacrés à l’étude de 2 sites : Chikupo (localisé à côté du village de Masembura, dans les environs de Bindura) et Mamuanga (aussi connu sous le nom de Makumbe, localisé à proximité du village de Chinamhora, dans le district de Goromonzi (FIG. 1). Sur le site de Chikupo, les participants ont été divisés en groupe afin de réaliser la description archéologique et le bilan sanitaire de chaque zone. Ils ont ensuite restitué oralement leur travail sur le site. Sur le site de Mamuanga, il n’y a pas eu de travail en groupe étant donné l’état du site qui est très endommagé.
La matinée du 12 novembre a été consacrée à la présentation de chaque groupe de travail sur le site de Chikupo, le pôle « Grottes ornées » a présenté un bilan sanitaire global des sites. La représentante de l’UNESCO (Mme Yvette Kaboza) ainsi que le représentant de l’Ambassade de France (M. Laurent Godefroy) ont clôturé cet atelier.

Mission de mai-juin 2017 : mise en route du projet MATOBART

Ce projet repose sur la reprise de l'étude interdisciplinaire des peintures rupestres et vestiges associés (écailles, équipement pictural, pigments) et des séquences archéologiques de deux gisements de référence de la séquence MSA-LSA du Nord-Est de l'Afrique australe: Pomongwe et Bambata. Constaté au cours de la mission exploratoire de 2016, leur potentiel scientifique est considérable : importantes surfaces au sol encore intactes avec des possibilités de réouverture de sondages peu contraintes par la topographie des lieux, riches ensembles pariétaux peints avec la superposition de différents styles (chronologie relative), peintures noires et grises (potentielle datation directe), important écaillage des parois (possibilité de chronologie relative en stratigraphie), mobilier abondant et varié (industries lithique et osseuse, parure, pigments, écailles peintes, vestiges fauniques, carpologiques et phytolithiques, charbons).
Le projet MATOBART fait suite à une première mission de prospective de deux semaines réalisée au Zimbabwe en avril 2016 dans le cadre du projet ANR GLOBAFRICA. Reconnecter l’Afrique : l’Afrique sub-saharienne et le monde avant l’impérialisme européen, coordonné par A. Delmas.
Outre les institutions scientifiques et académiques partenaires du projet (UZ, NMMZ), la mission exploratoire de 2016 fut en partie dédiée à la rencontre de multiples acteurs nationaux et internationaux de la recherche archéologique, du patrimoine et de la culture au Zimbabwe, notamment l'Ambassade de France, le Bureau Régional de l'UNESCO, la Délégation Européenne et les Alliances Françaises d'Harare et de Bulawayo. Toutes ces institutions nous ont témoigné de leur soutien, inscrivant dès sa conception MATOBART dans le maillage politique et culturel national, à Harare et à Bulawayo, lui donnant ainsi une forte visibilité et lisibilité ainsi qu’une certaine sécurité en termes logistiques et administratifs. À ce titre, l'implication de l'Ambassade de France - en la personne de Mr l'Ambassadeur R. Boidin, Mr L. Canny Conseiller de Coopération et d'Action Culturelle, et Mr Laurent Godefroy Attaché de Coopération - demeure un pivot essentiel à la bonne conduite du projet, tant pour leur soutien institutionnel et logistique que pour leur grand dynamisme à développer et faire rayonner le projet. L'intérêt et le soutien de l'UNESCO sont également à souligner, le Bureau régional ayant participé avec l'Ambassade de France au financement et à l'organisation logistique d'un atelier dédié à la conservation des peintures rupestres, tenu en novembre 2016 à Harare, auquel a participé Stéphanie Touron pour le LRMH en tant qu'experte et membre de l'équipe de MATOBART.