Processus de fabrication des tables de plomb de couvertures et des éléments de décors de couverture

A) Tables de plomb

Le chantier de restauration de la toiture du choeur de la cathédrale de Beauvais, ainsi que l'étude archéométrique liée (mesure des tables, des systèmes de fixation en liaison avec une étude dendrochronologique de la charpente et des voligeages) ont favorisé la campagne d'examen et de prélèvements menée par le LRMH. Les premières observations confrontées aux documents d’archives laissaient supposer que nous étions en présence de plaques datant de plusieurs périodes : XVIe , XVIIIe , XIXe et XXe  siècles. Deux techniques de fabrication des tables sont possibles : coulées ou laminées. Par les examens de coupes métallographiques et les analyses des métaux, il s’agit d'apporter des éléments de compréhension quant à l’histoire technologique des couvertures de plomb mais aussi d’évaluer l’impact d’une exposition multiséculaire en extérieur sur la structure du métal ainsi que les effets du fluage potentiel, afin d’améliorer la durabilité des opérations de restauration. Une première étude de faisabilité avait été réalisée entre 2012 et 2013 ; les résultats obtenus nécessitaient un approfondissement. Une deuxième étude a eu lieu au cours de l’année 2014 : sur la base d’examens métallographiques ; cette étude a fourni des éléments permettant de différencier a priori quatre types de mise en forme (plaque coulée, coulée et écrouie partiellement, coulée et écrouie totalement, et laminée). Ces conclusions, en plus des résultats issus des analyses élémentaires de ces tables, sont à confronter avec les datations supposées de leur mise en place sur la couverture de la cathédrale de Beauvais.

B) Épis de faîtage

Les épis de faîtage font partie des éléments de toiture (ayant pour fonction d’étanchéifier la charpente en recouvrant la partie saillante) et peuvent avoir été élaborés en différents métaux dont le plomb. Le LRMH a réalisé l’étude de deux pièces faisant partie de l’ornement d’un épi de faîtage de la toiture d’un hôtel particulier de Romorantin et daté du XVIe  siècle (aujourd’hui conservé au musée de Sologne : le sommet aux feuilles d’acanthe et la salamandre ailée. En mettant en oeuvre des examens à plusieurs échelles (observations visuelles, analyses par fluorescence X et par diffraction des rayons X), nous avons pu caractériser les grandes étapes de leur fabrication ainsi que les techniques de mise en forme et de finition. L’élaboration de l’épi allie en effet l’emploi du plomb repoussé et du plomb moulé. En outre nous avons pu mettre en évidence l’application ancienne d’une polychromie : dorure probablement à la feuille sur préparation rouge (cinabre) et étamage du corps de la salamandre sans pouvoir préciser avec certitude si l’étamage était total ou partiel.

Collaboration : Anna ZYMLA, métallurgiste, enseignante retraitée de l’École Centrale de Paris

Personnel permanent : Annick TEXIER, Aurélia AZEMA

Financement : contrat LRMH

Durée : 2013 - 2014