Lettre d’information du LRMH n°3

Nouvelles technologies analytiques appliquées à la problématique des peintures murales

La particularité des peintures murales tient au fait que la précieuse couche picturale, celle qui recèle la plus haute valeur patrimoniale en quelques dizaines de micromètres d’épaisseur, est située à l’interface entre un environnement externe toujours évolutif et un support maçonné pouvant être sensible aux teneurs en eau et aux déplacements de sels. Toute la difficulté consiste à identifier d’éventuels facteurs de dégradation et chercher à contrôler leurs effets, dans le but d’assurer la conservation des décors peints au sein des monuments ; monuments qui constituent des contextes dont les dynamiques physico-chimiques sont beaucoup plus complexes que celles présentes dans l’espace muséal. 

Il faut donc d’abord connaître la constitution de la couche picturale, souvent organisée en de multiples strates, et également évaluer les possibles interactions de cette couche avec son environnement. L’analyse de l’oeuvre et des produits d’altération qui l’assiègent, est à la clé de la définition d’un protocole adéquat de conservation-restauration. C’est pourquoi les efforts du pôle Peinture murale et polychromie du LRMH, piloté par Vincent Detalle, se portent, entre autres, sur le développement d’outils d’analyse pour répondre aux questions de façon plus pertinente, plus rapide et non-invasive pour la matière historique. 

Le diagnostic de l’oeuvre et de son contexte étant acquis, il faudra définir d’une part, les actions possibles pour atténuer, voire enrayer les causes de désordres et, d’autre part, les actions à mener en termes de consolidation et de nettoyage de la couche picturale. Puis en complément pourra être envisagé le travail esthétique de réintégration des éventuelles lacunes. Nettoyage et consolidation sont des sujets qui animent la communauté de la conservation-restauration depuis plusieurs décennies. Sur ces sujets, des avancées scientifiques sont attendues tenant aussi compte de situations composites, héritage d’interventions antérieures.