Grottes ornées

L’art rupestre concerne l’ensemble des œuvres effectuées par l’Homme sur support naturel rocheux. Il peut donc s’agir de peintures, gravures ou sculptures réalisées sur des blocs en plein air ou sur des parois de grottes et abris sous roche. Ces manifestations artistiques, très diversifiées, sont à tort souvent associées à l’art préhistorique européen alors qu’elles concernent également des traces récentes et nombreuses à travers le monde. Cet art rupestre, qui dans certains cas s’est conservé pendant des millénaires, est également très fragile face aux changements environnementaux : variations climatiques (température, humidité relative, CO2, écoulements d’eau, circulation d’air) ou biologiques (développement de microorganismes). Les facteurs anthropiques peuvent eux aussi engendrer des dégradations qu’elles soient volontaires (vandalisme) ou involontaires (aménagements de sites, travaux d’urbanisme, présence humaine).


Recherches

Les recherches dans le domaine de la conservation de ces sites, sur le territoire français et à l’étranger concernent :

  • la connaissance des matériaux : identification de pigments et de leur liant (en relation avec le CRCC), caractérisation des supports rocheux
  • la connaissance de l’environnement des sites : suivis climatiques, impact des visiteurs sur le climat, origine des sels présents sur les parois (en relation avec l’Université Jean Monnet)
  • les tests de nouveaux produits, afin de valider la faisabilité de la mise en œuvre ainsi que leur efficacité et durabilité, tels que les Hydroxydes Doubles Lamellaires (HDL) pour la capture de CO2 et nettoyage de microorganismes (en relation avec le BRGM), ou les nano particules de chaux pour la consolidation (en relation avec les restaurateurs d’œuvres d’art).

Projets / études de cas

À la demande des Conservateurs régionaux des monuments historiques ou des Conservateurs régionaux de l’archéologie, le pôle « Grottes ornées » assure le suivi sanitaire géologique, et parfois le suivi climatique régulier de sites ornés nationaux. Ceux-ci sont généralement réalisés en relation avec le pôle « Microbiologie ». Les sites suivis sont :

  • les sites UNESCO de la vallée de la Vézère (grottes de Font de Gaume, Combarelles, la Mouthe, du Roc de Saint-Cirq, Abris du Cap Blanc, Grotte, de Laugerie-Haute) ;
  • d’Aquitaine (Abri Reverdit, grottes du Mammouth, du Pigeonnier, de Pair Non Pair, de Fronsac, des Bernous, de Jovelle) ;
  • de Languedoc-Roussillon (Grottes de Baume Latrone, Baume d’Oulen, Bayol, aux Points) ;
  • de Rhône-Alpes (Grotte Chauvet) ;
  • de Poitou-Charentes (Abri du Roc-aux-sorciers) ;
  • de Picardie (Caverne du Dragon) ;

Des analyses et expertises ponctuelles sont aussi réalisées en Haute-Normandie (grotte de Gouy), en Bourgogne (Grotte d’Arcy-sur-Cure), en PACA (Grotte Cosquer), en Midi-Pyrénées (Grotte de Gargas), en Guadeloupe (Parc des roches gravées de Trois Rivières, grotte du Morne Rita, Abri Patate), en Martinique (Roches gravées de Montravail), mais aussi à l’étranger : Guatemala (grotte Naj Tunich, roches gravées d’Amatitlan, roche sculptée de la Rectoria), El Salvador (Abri Corinto), Nicaragua (parc de Piedra Pintada), Brésil (parc Serra da Capivara), Chili (Sierra de Arica). Ces analyses et expertises peuvent aussi être effectuées en supplément du suivi classique de certains sites (Grotte Chauvet en lien avec le pôle « Métal »).  

En relation avec le pôle « Pierre », des missions d’expertises ou études sont réalisées sur les monuments mégalithiques de Bretagne (Cairn de Barnenez, Cairn de Gavrinis).

Enfin, une expertise ou un avis sur des dossiers peuvent être fournis à la demande des CRMH ou des SRA.




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