GAODETER

Implication de sels et micro-organismes dans la détérioration de grottes et abris ornés

 Les roches des parois des grottes et abris ornés de la préhistoire subissent des altérations liées à des processus physicochimiques, mais également liées à l’activité biologique des micro-organismes. Les minéraux soufrés des roches, tels que la pyrite, peuvent être dissous par les eaux de percolation, transportés dans les pores de la masse rocheuse et peuvent se recombiner avec le calcium des carbonates induisant des cristallisations du soufre sous forme de sulfate dihydraté de calcium : le gypse. L’activité microbienne peut intervenir dans ces phénomènes de précipitations de gypse par oxydation du soufre, ainsi qu’au préalable, dans la réduction des sulfates créant un fractionnement isotopique mesurable de l’oxygène et du soufre. Des variations climatiques peuvent influencer ces processus et impacter la conservation des grottes et abris ornés. L’objectif de ce projet est de déterminer la part des processus biologiques dans la formation et l’accumulation de sulfates dans une grotte et un abri ornés proches géographiquement.

Deux sites préhistoriques inscrits sur la liste du patrimoine mondial seront étudiés : la grotte du Sorcier sur la commune de Saint-Cirq-du-Bugue et l’abri de Laugerie-Haute-Est sur la commune des Eyzies-de-Tayac-Sireuil. L’acquisition de données isotopiques en oxygène et soufre permettra de faire la part entre le soufre d’origine géochimique et le soufre lié à une activité biologique. En parallèle de ces analyses isotopiques, une étude de la diversité microbienne sera menée avec un focus particulier sur les micro-organismes métabolisant le soufre. Ces analyses géochimiques et biologiques seront complétées par des données climatiques. Des micro-organismes impliqués dans la cristallisation du soufre seront isolés pour pouvoir être étudiés en laboratoire. Une meilleure connaissance des processus biologiques impliqués dans l’accumulation de sulfates dans les grottes et abris ornés permettra d’améliorer les stratégies de conservation.

Collaboration : Équipe de recherche sur les relations matrice extra-cellulaire-cellule (ERRMECe), (Patrick DI MARTINO, Agnès MIHAJLOVSKI, Damien SEYER).

Personnel permanent : Faisl BOUSTA, Alexandre FRANÇOIS, Johann LEPLAT, Stéphanie TOURON.

CDD : Clémentine LEPINAY (contrat post-doctoral).

Financement : AAp LabEx Patrima 2014.

Durée : septembre 2014 - août 2015