Altération des plombs de couverture

L’altération des plombs de toiture est indéniable. Pourtant, si le phénomène de corrosion atmosphérique du plomb en plomb II de couleur gris-blanc est déjà connu, certaines pièces comportent une altération brun-rouge dont l’étendue augmente au fil du temps. Sa composition n’est pas encore clairement définie et l’origine de sa formation est indéterminée. Ces deux faciès de corrosion ne semblent pas directement liés à l’orientation (par exemple ensoleillement et exposition à la pluie différents en fonction de la position sur le monument), ni à la structure métallographie ou ni aux temps d’exposition des tables de plomb. Comprendre le phénomène à l’origine de l’espèce brun-rouge devrait permettre de développer une méthodologie de nettoyage des plaques atteintes et de limiter son étendue.

En partenariat avec le Laboratoire des interfaces et systèmes électrochimiques de l’université Pierre et Marie Curie, l’étude de cette altération particulière du plomb se poursuit et se précise. En 2014, un stage portant sur l’étude des couches de corrosion des plombs de couverture de la cathédrale de Beauvais par microscopie Raman a été effectué par Clément Mallet (INP Grenoble-Phelma) sous la direction de Suzanne Joiret. Les examens réalisés ont permis d’établir une stratigraphie de l’altération brun rouge, depuis le métal sain (plomb) vers l’extérieur. Contrairement aux résultats de l’altération grise, la présence du composé soufré a été remarquée dans l’altération brun-rouge. En outre, une organisation particulière du plomb IV semble être associée à la couleur rouge-brun observée. Il a également été remarqué que la propagation de l’altération rouge semble se produire s’il existe un couplage galvanique entre une plaque atteinte et une plaque saine, mais cette observation nécessite d’apporter des examens complémentaires pour pouvoir être confirmée. Enfin, le mécanisme exact de formation du plomb IV devrait pourvoir être détaillé lors d’analyses approfondies.

Collaboration : Laboratoire des interfaces et systèmes électrochimiques de l’université Pierre et Marie Curie (S JOIRET)

Personnel permanent : Annick TEXIER, Aurélia AZÉMA

Financement : contrat LRMH

Durée : 2013- 2015