AlbatREE [2014-2016]

Caractérisation des albâtres par leur contenu en Terres Rares (REE) : implications historiques, culturelles et économiques

La provenance de l’albâtre (gypse, anhydrite) utilisé dans la sculpture française (en particulier entre XIVe s. et XVIe s.) conservée dans de prestigieux musées européens ou dans des monuments, est souvent incertaine, en dépit des hypothèses stylistiques ou historiques formulées. En effet, ce matériau a pu être extrait dans de multiples gisements en Europe. Les référentiels géochimiques et isotopiques existent pour d’autres matériaux, tel le marbre, mais sont encore très incomplets pour l’albâtre.

Il a été montré très récemment, sur la base de quelques échantillons collectés en carrières, en collaboration avec des partenaires français, anglais et suédois et des musées français, que la combinaison des analyses des isotopes du soufre, de l’oxygène et du strontium semble souvent pertinente. Cette démarche innovante bénéficie des derniers progrès des techniques d’analyse isotopique, permettant de travailler à partir de microéchantillons (quelques mg), et donc de respecter au mieux l’intégrité des œuvres.

Le projet vise à tester la pertinence de l’analyse des terres rares pour améliorer cette boite à outils isotopique en devenir. Les techniques analytiques utilisées sont l’ICP-MS, l’ICP-AES, l’Ablation Laser et la cathodoluminescence (optique et sous MEB). La première méthode, testée surtout sur des échantillons de carrières (grande quantité de matière disponible), et éventuellement sur quelques échantillons issus d’œuvre (validation de la représentativité sur de faibles quantités), permettra d’étalonner la seconde, qui nécessite une mise au point analytique, mais qui peut être mise en œuvre pour de très petits échantillons.

Le projet contribuera à fournir une « carte d’identité » des principaux gisements historiques d’albâtres en France et dans les pays limitrophes (Angleterre, Espagne, Italie et Allemagne). Il sera possible de comparer ces signatures avec celles de quelques œuvres statuaires se trouvant dans des collections françaises afin de préciser l’origine du matériau, et ainsi de replacer la réalisation de ces objets dans leur contexte socio-économique ou géopolitique.

Il deviendra aussi possible de détecter les faux, ou encore de rattacher une œuvre isolée à un ensemble sculpté.

Personnel permanent : Marc de RAFELIS (UPMC), responsable de la recherche, Lise LEROUX (CRC/LRMH)

Collaboration : ISTEP, École nationale des Chartes, Musée du Louvre, CICRP, univesité de Franche-Comté

Financement : IDEX SUPER (Sorbonne-Universités) - Programme Convergence

Durée : 2014-2016